
J’ai toujours la même impression avec Douglas Kennedy. Je commence un de ses gros romans et tout se passe bien. Un ton enlevé, une histoire qui se met en place, une subtile analyse de l’Amérique à travers les décennies, de bons dialogues vifs et percutants. A priori, c’est tout bon. Et effectivement la lecture n’est pas déplaisante. Mais je me dis, une fois passées les 150 premières pages : bon, et alors ? On avance ! Les détails ne sont pas tous nécessaires…Toutefois, oubliant mes réserves - il faut dire qu’ Une relation dangereuse m’avait passablement ennuyée - j’ai continué Les charmes discrets de la vie conjugale. Ai-je bien fait ?
Hannah a choisi de vivre une vie “rangée” malgré des parents brillants, engagés et libertaires dans l’Amérique des années 70. Mariée jeune à un gentil médecin rencontré à la fac, elle a deux enfants, une grande maison dans le Maine, une belle Jeep… Bref, l’image de la famille américaine tout ce qu’il y a de plus convenable. Seulement voilà, jeune, elle a vécu une courte mais intense passion extra-conjuguale et s’est rendue malgré elle capable d’un grave délit. 30 ans plus tard, dans les années de crise post 11 septembre, le passé ressurgit, la plaçant au coeur d’un scandale national. Tandis que la situation familiale se dégrade - sa fille entame une grave dépression - elle se débat pour que sa vie tranquille ne soit pas bouleversée. Malheureusement, l’opinion publique se déchaîne et le cauchemar ne fait que commencer… Lire la suite
lundi 23 avril 2007

Que se passe-t-il la nuit lorsque, paisibles et oublieux nous dormons ? La vie continue lentement selon un rythme qui lui est propre, onirique et mystérieux. Murakami nous entraîne à sa suite dans un voyage à travers la ville à la rencontre de personnages dont le destin se jouera en une seule nuit. Deux sœurs que tout oppose vont tenter de se rejoindre durant les quelques heures qui mènent de l’obscurité de la lumière. Des rencontres fortuites (une tenancière de « love-hotel », une prostituée, un jeune musicien) aideront Mari, la plus jeune, à faire le chemin difficile qui conduit à ouvrir son cœur et à accepter l’amour profond qui unit un être à un autre.
Haruki Murakami, c’est le poète du non-dit, des rencontres éphémères, de l’effleurement imperceptible des âmes, seule consolation à la frontière infranchissable qui sépare les êtres humains à la recherche d’eux-mêmes et des autres. Signe emblématique de cette quête, le love-hotel justement, port d’ancrage dans la nuit d’hiver où des anonymes viennent se rencontrer. Baptisé “Alphaville” comme le film de Jean-Luc Godard dans lequel « les gens qui ont pleuré se font arrêter et exécuter sur la place publique (…) parce que les gens n’ont pas le droit de ressentir les choses en profondeur. Donc il n’y a plus de sentiments“,c’est l’endroit où l’on n’exprime rien de ce qui nous hante, où l’épanchement est interdit. Un lieu de rencontres où la vraie rencontre n’a finalement jamais lieu. Lire la suite
jeudi 12 avril 2007

Voici un classique que nous n’avons pourtant pas tous eu l’occasion de découvrir et c’est dommage ! Tendre est la nuit est l’histoire d’amour passionnée de Dick et Nicole, couple magnétique et fascinant dans la France des années 20. Beaux, riches, généreux et brillants, ils rayonnent en société et vivent une vie de loisir et de voyages. Pourtant leur couple se déchire laissant apparaître les failles de cette union apparemment idyllique. Ils cachent en effet un secret : Dick est psychiatre et Nicole a été sa patiente. Leur union, devenue nécessaire après la lente guérison de cette dernière, les a soudés et rendus forts. Leur séparation de plus en plus évidente, plonge Dick, le beau romantique adulé de tous et de toutes dans une sombre mélancolie qui le détruit lentement. Peinture passionnante des années d’entre-deux guerres, des plaisirs frivoles de ceux dont l’argent coule à flot, de l’essor du cinéma hollywoodien et de ses starlettes, des soirées grandioses, ce roman très émouvant, grâce notamment au personnage de Dick, largement autobiographique, décrit avec nostalgie le charme des années perdues. Scott Fitzgerald, l’écrivain emblématique de cette génération à la poursuite dérisoire de ses illusions et de ses rêves est un auteur délicat et sensible à lire ou relire absolument.
Francis Scott Fitzgerald, Tendre est la nuit, Livre de poche, traduit de l’américain par Jacques Tournier
mardi 03 avril 2007

Je crois bien que c’est la première fois que je lis un roman Egyptien, un roman à succès adapté au cinéma ! Ce n’est guère surprenant que ce livre traverse les frontières aussi facilement car s’il a une saveur assez particulière, ni le style et ni sa construction ne sont véritablement déroutants. Et puis les problèmes de sociétés soulevés se retrouvent dans beaucoup d’autres… Difficile de donner un aperçu du livre car il fourmille de petites histoires (qui tournent souvent à la catastrophe !) Chacune dessine le visage de la société égyptienne, sur fond de guerre du Golfe.
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dimanche 25 mars 2007

Comme beaucoup, je me suis lancée dans le nouvel opus de Paul Auster. Pour être franche, c’était avec précaution, sans rien en attendre. La première partie de La nuit de l’oracle m’avait complétement bluffée, la seconde cruellement déçue. Brooklyn Follies m’avait laissée perplexe car je n’avais pas complètement retrouvé sa patte. Et pourtant me voici dans le scriptorium… Après tout, l’écrivain est plutôt très bon, et c’est justement parce que l’on sait de quoi il est capable que l’on est déçu !
Dans ce roman, un vieil homme se réveille dans une chambre, seul, désorienté. Il ne sait pas pourquoi il est enfermé là, entre ces quatre murs. Il ne sait pas non plus qui sont les gens qui un à un viennent s’occuper de lui ou simplement lui parler, ni à qui appartiennent ces visages en noir et blanc dont on a déposé les photographies sur son bureau. “Mr. Blank”, comme son nom l’indique, est une page blanche, un vide, le néant sur lequel se réécrivent un à un les souvenirs perdus. Son seul indice, les “visiteurs” semblent avoir travaillé pour lui dans le passé. Lire la suite
samedi 24 mars 2007

Entrer dans le monde de Yoko Ogawa, c’est se laisser transporter dans un univers étrange et inquiétant, où même la cruauté fascine. Chez elle, le Beau naît de l’étrange. C’est ainsi que la renommée de cette romancière japonaise née en 1962 et couronnée par le prix Akutagawa pour sa nouvelle La Grossesse ne cesse d’évoluer, ses mots touchant un lectorat de plus en plus large. Les éditions Actes Sud ont publié en 2005 Amours En Marge, son premier roman “long” écrit en 1991, dans lequel elle reprend un thème effleuré dans une autre nouvelle, Les Abeilles : l’exploration des voies de la mémoire à travers les sons emprisonnés dans nos oreilles. De même que les odeurs peuvent évoquer des fragments de passé, les sons sont autant de morceaux de vie oubliée. Lire la suite
lundi 19 mars 2007

C’est une chanson qui nous ressemble… celle que nous raconte Dominique Mainard dont je viens de découvrir avec bonheur l’univers subtil et sensible.
Je voudrais tant que tu te souviennes est une histoire de femmes, celle d’une jeune fille d’abord, Julide dont la vie est désespérément tracée par ses parents. Fiancée à un cousin à l’âge de seize ans, elle perd peu à peu l’innocence et la pureté qui étaient les siennes. Celle d’une femme ensuite, Mado solitaire et secrète avec qui la tante de Julide s’est liée d’amitié. Après le départ précipité de cette dernière, Julide et Mado restent très proches soutenant chacune à leur manière la solitude de l’autre. Mais voilà qu’arrive en ville un inconnu dont Mado tombe éperdument amoureuse. Malgré ce bonheur possible, enfin à portée de main, Julide s’obstine à vouloir la tenir éloignée de l’homme, au prix d’une cruauté envers Mado dont elle ne se savait pas capable. Pourquoi ? Lire la suite
dimanche 11 mars 2007

Beaucoup se souviennent du Liseur de Bernhard Schlink paru il y a 10 ans et traduit dans plus de trente-sept langues, cette histoire d’amour sensuelle entre un jeune homme de 15 ans et une femme plus âgée dont il découvre quelque temps après la fin de leur liaison l’inavouable secret. Après plusieurs polars et quelques nouvelles, Schlink poursuit la réflexion commencée dans Le liseur : pouvons-nous, à défaut d’excuser le nazisme, tenter de comprendre ses motivations et les hommes qui y ont participé ? Démarche nécessaire ou vain parcours ?
Les grands-parents de Peter Debauer travaillent comme correcteurs d’une collection de livres «pour le divertissement de qualité». Chaque année, Peter passe les vacances chez eux en Suisse et se sert des épreuves pour rédiger ses devoirs. Malgré l’interdiction formelle de ses grands-parents, il entame la lecture de certaines d’entre elles et découvre l’histoire de Karl, un prisonnier allemand de retour au pays dont la femme ne l’a pas attendu et a refait sa vie. Lire la suite
mercredi 21 février 2007
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