
Comme beaucoup, je me suis lancée dans le nouvel opus de Paul Auster. Pour être franche, c’était avec précaution, sans rien en attendre. La première partie de La nuit de l’oracle m’avait complétement bluffée, la seconde cruellement déçue. Brooklyn Follies m’avait laissée perplexe car je n’avais pas complètement retrouvé sa patte. Et pourtant me voici dans le scriptorium… Après tout, l’écrivain est plutôt très bon, et c’est justement parce que l’on sait de quoi il est capable que l’on est déçu !
Dans ce roman, un vieil homme se réveille dans une chambre, seul, désorienté. Il ne sait pas pourquoi il est enfermé là, entre ces quatre murs. Il ne sait pas non plus qui sont les gens qui un à un viennent s’occuper de lui ou simplement lui parler, ni à qui appartiennent ces visages en noir et blanc dont on a déposé les photographies sur son bureau. “Mr. Blank”, comme son nom l’indique, est une page blanche, un vide, le néant sur lequel se réécrivent un à un les souvenirs perdus. Son seul indice, les “visiteurs” semblent avoir travaillé pour lui dans le passé. Lire la suite
samedi 24 mars 2007

Entrer dans le monde de Yoko Ogawa, c’est se laisser transporter dans un univers étrange et inquiétant, où même la cruauté fascine. Chez elle, le Beau naît de l’étrange. C’est ainsi que la renommée de cette romancière japonaise née en 1962 et couronnée par le prix Akutagawa pour sa nouvelle La Grossesse ne cesse d’évoluer, ses mots touchant un lectorat de plus en plus large. Les éditions Actes Sud ont publié en 2005 Amours En Marge, son premier roman “long” écrit en 1991, dans lequel elle reprend un thème effleuré dans une autre nouvelle, Les Abeilles : l’exploration des voies de la mémoire à travers les sons emprisonnés dans nos oreilles. De même que les odeurs peuvent évoquer des fragments de passé, les sons sont autant de morceaux de vie oubliée. Lire la suite
lundi 19 mars 2007

C’est une chanson qui nous ressemble… celle que nous raconte Dominique Mainard dont je viens de découvrir avec bonheur l’univers subtil et sensible.
Je voudrais tant que tu te souviennes est une histoire de femmes, celle d’une jeune fille d’abord, Julide dont la vie est désespérément tracée par ses parents. Fiancée à un cousin à l’âge de seize ans, elle perd peu à peu l’innocence et la pureté qui étaient les siennes. Celle d’une femme ensuite, Mado solitaire et secrète avec qui la tante de Julide s’est liée d’amitié. Après le départ précipité de cette dernière, Julide et Mado restent très proches soutenant chacune à leur manière la solitude de l’autre. Mais voilà qu’arrive en ville un inconnu dont Mado tombe éperdument amoureuse. Malgré ce bonheur possible, enfin à portée de main, Julide s’obstine à vouloir la tenir éloignée de l’homme, au prix d’une cruauté envers Mado dont elle ne se savait pas capable. Pourquoi ? Lire la suite
dimanche 11 mars 2007

Beaucoup se souviennent du Liseur de Bernhard Schlink paru il y a 10 ans et traduit dans plus de trente-sept langues, cette histoire d’amour sensuelle entre un jeune homme de 15 ans et une femme plus âgée dont il découvre quelque temps après la fin de leur liaison l’inavouable secret. Après plusieurs polars et quelques nouvelles, Schlink poursuit la réflexion commencée dans Le liseur : pouvons-nous, à défaut d’excuser le nazisme, tenter de comprendre ses motivations et les hommes qui y ont participé ? Démarche nécessaire ou vain parcours ?
Les grands-parents de Peter Debauer travaillent comme correcteurs d’une collection de livres «pour le divertissement de qualité». Chaque année, Peter passe les vacances chez eux en Suisse et se sert des épreuves pour rédiger ses devoirs. Malgré l’interdiction formelle de ses grands-parents, il entame la lecture de certaines d’entre elles et découvre l’histoire de Karl, un prisonnier allemand de retour au pays dont la femme ne l’a pas attendu et a refait sa vie. Lire la suite
mercredi 21 février 2007

Dans la guerre (paru chez Actes Sud en 2003), le précédent roman d’Alice Ferney, m’avait particulièrement touchée. Roman bouleversant sur la guerre de 14/18, sur le combat des hommes au front et sur celui des femmes à l’arrière livrées à l’attente et à la solitude, il retrace avec force l’horreur d’un drame humain. J’admire depuis L’élégance des veuves, la sensibilité d’Alice Ferney, sa grande finesse dans l’analyse psychologique des personnages, son écriture élégante, juste, tendre et émouvante. C’est donc avec bonheur que je me suis lancée dans la lecture de son dernier roman Les autres. L’histoire la voici : une famille réunie pour l’anniversaire du fils cadet. Autour de lui, sa mère, son frère, sa grand-mère, sa fiancée et ses amis. Son frère aîné lui offre un jeu intitulé «Personnages et Caractères, un jeu de psychologie qui peut engager de quatre à douze joueurs. Pour l’intérêt de la partie, il est préférable que les participants se connaissent un peu. Ou croient se connaître, ce qui revient sans doute au même. Le jeu leur donnera l’occasion de tester la profondeur et la justesse de leur familiarité. Personnes susceptibles s’abstenir». Lire la suite
dimanche 11 février 2007

Thomas Savage, auteur américain disparu depuis 3 ans encore peu connu en France mais considéré outre-Atlantique comme un classique a écrit 13 romans dont 3 seulement sont traduits en français. C’est peu et c’est dommage !
Consolons-nous car nous avons tout de même à notre disposition Le pouvoir du chien et La reine de l’Idaho pour le découvrir… et les deux en valent la peine si vous aimez les histoires du grand Ouest américain, les personnages complexes, les sagas familiales. Lire la suite
lundi 05 février 2007

Dans quel monde incertain est-elle, cette île de l’Atlantique Sud, balayée par les vents polaires, “ce pot de fleurs égaré dans l’océan le moins fréquenté de la planète à la même latitude que la Patagonie” ? Le narrateur, activiste irlandais voulant fuir “un monde dirigé par des spirales de violence” y accepte un poste de climatologue pour un an. Sa seule compagnie : un Allemand, Batis Caffó, renfermé, bourru, secret, prétendument gardien du phare de cet îlot éloigné de toute civilisation. Toute ? Non. Inexorablement, à la nuit tombée, des créatures humanoïdes surgissant des mers, des monstres amphibies «à la peau froide» attaquent les deux hommes. Lire la suite
dimanche 28 janvier 2007

Ce classique de la littérature enfantine américaine, publié pour la première fois en 1949, est parfait pour initier en douceur les tout petits à la langue de Shakespeare.
On est frappé par le caractère soigné des illustrations de Clement Hurd, très apaisantes et si riches que l’on peut les regarder longtemps avant de s’ennuyer. Lire la suite
mardi 23 janvier 2007
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