Jim Harrison - Retour en terre

par Carine Solivellas

retour-en-terre.gifsmiley.gifUne pile de livres dans ma bibliothèque attend là depuis des semaines… Mais je les ai boudés pour le nouveau roman de Jim Harrison. Parce qu’en ce qui me concerne, ça ne peut pas se rater. Depuis ma découverte de Dalva il y a quelques années, je suis une inconditionnelle de son univers, de la force évocatrice de ses paysages du Nord, des plaisirs simples et sensuels qu’il affectionne, de la beauté qui pointe en tout et dans tout - au détour du chemin, en pleine partie de pêche, autour d’une grillade - de sa poésie et de ses personnages complexes et entiers.

Et j’ai trouvé ce nouvel opus, Retour en terre, particulièrement profond et émouvant. Lire la suite

1 commentaire jeudi 24 mai 2007

Nicolas Beaujon - Le patrimoine de l’humanité

par Carine Solivellas

nicolas-beaujon-patrimoine-humanite.jpgQuand on est sur le point de devenir une star du rock et que personne ne le sait encore à part vous, mais qu’on vit à Paris et qu’après tout, il faut bien manger, on passe le concours d’”agent de contact”, comprenez gardien de musée… Notre narrateur, à défaut de galvaniser les foules en délire - mais rassurez-vous, c’est temporaire - encadre les foules touristiques d’un célèbre musée parisien… et nous révèle les secrets bien gardés de la conservation du patrimoine de l’humanité. Lire la suite

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Sándor Márai - Métamorphoses d’un mariage

par Carine Solivellas

metamorphose-dun-mariage.jpgTrois personnages livrent chacun leur tour, à trois époques différentes, l’histoire qui les a unis : une histoire d’amour, de rupture et de classe sociale dans la Hongrie de l’entre-deux guerres. D’abord Ilonka, la femme amoureuse et trompée puis Peter le mari cédant peu à peu à la passion interdite et enfin Judit, la domestique ambitieuse qui a brisé le couple. Chacun confie avec ses propres mots sa version des événements, ses sentiments, son analyse de la situation. Mais que s’est-il réellement passé ? Lire la suite

3 commentaires samedi 05 mai 2007

Les charmes discrets de la vie conjugale

par Carine Solivellas

charmes-discrets.jpgJ’ai toujours la même impression avec Douglas Kennedy. Je commence un de ses gros romans et tout se passe bien. Un ton enlevé, une histoire qui se met en place, une subtile analyse de l’Amérique à travers les décennies, de bons dialogues vifs et percutants. A priori, c’est tout bon. Et effectivement la lecture n’est pas déplaisante. Mais je me dis, une fois passées les 150 premières pages : bon, et alors ? On avance ! Les détails ne sont pas tous nécessaires…Toutefois, oubliant mes réserves - il faut dire qu’ Une relation dangereuse m’avait passablement ennuyée - j’ai continué Les charmes discrets de la vie conjugale. Ai-je bien fait ?

Hannah a choisi de vivre une vie “rangée” malgré des parents brillants, engagés et libertaires dans l’Amérique des années 70. Mariée jeune à un gentil médecin rencontré à la fac, elle a deux enfants, une grande maison dans le Maine, une belle Jeep… Bref, l’image de la famille américaine tout ce qu’il y a de plus convenable. Seulement voilà, jeune, elle a vécu une courte mais intense passion extra-conjuguale et s’est rendue malgré elle capable d’un grave délit. 30 ans plus tard, dans les années de crise post 11 septembre, le passé ressurgit, la plaçant au coeur d’un scandale national. Tandis que la situation familiale se dégrade - sa fille entame une grave dépression - elle se débat pour que sa vie tranquille ne soit pas bouleversée. Malheureusement, l’opinion publique se déchaîne et le cauchemar ne fait que commencer… Lire la suite

2 commentaires lundi 23 avril 2007

Le passage de la nuit

par Carine Solivellas

passage-de-la-nuit.jpgQue se passe-t-il la nuit lorsque, paisibles et oublieux nous dormons ? La vie continue lentement selon un rythme qui lui est propre, onirique et mystérieux. Murakami nous entraîne à sa suite dans un voyage à travers la ville à la rencontre de personnages dont le destin se jouera en une seule nuit. Deux sœurs que tout oppose vont tenter de se rejoindre durant les quelques heures qui mènent de l’obscurité de la lumière. Des rencontres fortuites (une tenancière de « love-hotel », une prostituée, un jeune musicien) aideront Mari, la plus jeune, à faire le chemin difficile qui conduit à ouvrir son cœur et à accepter l’amour profond qui unit un être à un autre.
Haruki Murakami, c’est le poète du non-dit, des rencontres éphémères, de l’effleurement imperceptible des âmes, seule consolation à la frontière infranchissable qui sépare les êtres humains à la recherche d’eux-mêmes et des autres. Signe emblématique de cette quête, le love-hotel justement, port d’ancrage dans la nuit d’hiver où des anonymes viennent se rencontrer. Baptisé “Alphaville” comme le film de Jean-Luc Godard dans lequel « les gens qui ont pleuré se font arrêter et exécuter sur la place publique (…) parce que les gens n’ont pas le droit de ressentir les choses en profondeur. Donc il n’y a plus de sentiments“,c’est l’endroit où l’on n’exprime rien de ce qui nous hante, où l’épanchement est interdit. Un lieu de rencontres où la vraie rencontre n’a finalement jamais lieu. Lire la suite

6 commentaires jeudi 12 avril 2007

Tendre est la nuit

par Carine Solivellas

tendre-est-la-nuit.jpgVoici un classique que nous n’avons pourtant pas tous eu l’occasion de découvrir et c’est dommage ! Tendre est la nuit est l’histoire d’amour passionnée de Dick et Nicole, couple magnétique et fascinant dans la France des années 20. Beaux, riches, généreux et brillants, ils rayonnent en société et vivent une vie de loisir et de voyages. Pourtant leur couple se déchire laissant apparaître les failles de cette union apparemment idyllique. Ils cachent en effet un secret : Dick est psychiatre et Nicole a été sa patiente. Leur union, devenue nécessaire après la lente guérison de cette dernière, les a soudés et rendus forts. Leur séparation de plus en plus évidente, plonge Dick, le beau romantique adulé de tous et de toutes dans une sombre mélancolie qui le détruit lentement. Peinture passionnante des années d’entre-deux guerres, des plaisirs frivoles de ceux dont l’argent coule à flot, de l’essor du cinéma hollywoodien et de ses starlettes, des soirées grandioses, ce roman très émouvant, grâce notamment au personnage de Dick, largement autobiographique, décrit avec nostalgie le charme des années perdues. Scott Fitzgerald, l’écrivain emblématique de cette génération à la poursuite dérisoire de ses illusions et de ses rêves est un auteur délicat et sensible à lire ou relire absolument.

Francis Scott Fitzgerald, Tendre est la nuit, Livre de poche, traduit de l’américain par Jacques Tournier

3 commentaires mardi 03 avril 2007

L’Immeuble Yacoubian

par Agathe Lebelle

immeuble-yacoubian.jpgJe crois bien que c’est la première fois que je lis un roman Egyptien, un roman à succès adapté au cinéma ! Ce n’est guère surprenant que ce livre traverse les frontières aussi facilement car s’il a une saveur assez particulière, ni le style et ni sa construction ne sont véritablement déroutants. Et puis les problèmes de sociétés soulevés se retrouvent dans beaucoup d’autres… Difficile de donner un aperçu du livre car il fourmille de petites histoires (qui tournent souvent à la catastrophe !) Chacune dessine le visage de la société égyptienne, sur fond de guerre du Golfe.
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Dans le scriptorium

par Carine Solivellas

paul-auster-scriptorium.jpgComme beaucoup, je me suis lancée dans le nouvel opus de Paul Auster. Pour être franche, c’était avec précaution, sans rien en attendre. La première partie de La nuit de l’oracle m’avait complétement bluffée, la seconde cruellement déçue. Brooklyn Follies m’avait laissée perplexe car je n’avais pas complètement retrouvé sa patte. Et pourtant me voici dans le scriptorium… Après tout, l’écrivain est plutôt très bon, et c’est justement parce que l’on sait de quoi il est capable que l’on est déçu !
Dans ce roman, un vieil homme se réveille dans une chambre, seul, désorienté. Il ne sait pas pourquoi il est enfermé là, entre ces quatre murs. Il ne sait pas non plus qui sont les gens qui un à un viennent s’occuper de lui ou simplement lui parler, ni à qui appartiennent ces visages en noir et blanc dont on a déposé les photographies sur son bureau. “Mr. Blank”, comme son nom l’indique, est une page blanche, un vide, le néant sur lequel se réécrivent un à un les souvenirs perdus. Son seul indice, les “visiteurs” semblent avoir travaillé pour lui dans le passé. Lire la suite

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