Jens Christian Grondahl - Virginia

par Carine Solivellas

virginia.jpgLa jeune fille a seize ans et vit avec sa mère, couturière à Copenhague. En cette année de guerre 1943, une des clientes l’invite à passer l’été dans sa demeure au bord de la mer du Nord. Sans doute pour la protéger des bombardements qui menacent la ville, sans doute aussi pour tenir compagnie à son neveu âgé de quatorze ans. Les deux adolescents aiment les balades à vélo et les promenades dans les dunes. Mais tandis qu’elle reste distante, lui éprouve les premiers émois du désir pour cette jeune femme aux seins blancs en plein épanouissement. Les bombardements n’épargnent pourtant pas cette région et un avion anglais s’écrase non loin de la maison. Cette aventure va lier les deux jeunes gens et le pilote britannique d’une manière qu’ils ne soupçonnent pas. Ils ne se reverront qu’une seule fois dans leur vie et n’évoqueront que brièvement cet épisode…

Lire la suite

4 commentaires dimanche 26 août 2007

Eugène Savitzkaya - Marin mon coeur

par Carine Solivellas

marin-mon-coeur.jpgD’abord il fut sans larmes et ses pleurs étaient secs comme ceux d’un chat mais, alors que lui avait quitté le bain originel, ses yeux, eux, y trempaient toujours et ils roulèrent d’un pôle à l’autre suivant les mouvements des géants et des grains de poussière réfléchissant le soleil.” C’est une histoire d’amour entre un père et son fils, l’histoire d’un père qui regarde son fils grandir et recueille son premier souffle, ses premiers mots, son premier baiser, sa première fourmi, sa première groseille. Son émerveillement simple et pur, comme l’est celui des enfants.
Savitzkaya note tous ces fragments, toutes ces premières fois, comme autant de clichés, et ne perd rien de ce qui fait la fragile magie de l’apprentissage.

Lire la suite

Laissez un commentaire mercredi 08 août 2007

Elizabeth Goudge - Le pays du dauphin vert

par Carine Solivellas

pays-dauphin.jpgCe roman de 1936 aujourd’hui disponible chez Phébus libretto est un roman d’aventures passionnant empreint d’un profond mysticisme et offrant une réflexion magistrale sur le sacrifice et le don de soi.

Au départ pourtant, une histoire qui peut paraître invraisemblable mais que l’auteur assure basée sur une histoire vraie. Une charmante bourgade des îles Anglo-Normandes au milieu du XIXe siècle. Les jeunes sœurs Le Patourel - Marguerite la blonde rieuse et espiègle, et Marianne, la brune réfléchie et grave - vivent les jours tranquilles de la petite bourgeoisie locale entourées et aimées de leurs parents. Quand s’installent près de chez eux un ancien habitant de l’île, le docteur Ozanne et son fils William. Compagnons de jeux et d’aventures, les trois enfants deviennent vite inséparables. Pourtant, si William apprécie les deux sœurs pour leurs qualités respectives, il montre une nette préférence pour la belle Marguerite. Marianne, Marguerite, voilà des noms bien proches pour cet étourdi de William qui les confond souvent… Néanmoins, sa préférence pour Marguerite se mue au fil des années en véritable passion…partagée. Engagé dans la Royal Navy, William parcourt le monde sans avoir pu déclarer sa flamme, jusqu’à ce qu’une expérience malheureuse l’oblige à s’exiler pour de bon. Colon en Nouvelle-Zélande, il décide quelque dix ans après son installation, de demander à Marguerite de le rejoindre et de l’épouser. Mais William, grisé par la boisson et l’émotion se trompe une fois encore dans la lettre qu’il lui écrit et c’est à Marianne qu’il demande de venir … Lire la suite

13 commentaires lundi 06 août 2007

Duong Thu Huong - Terre des oublis

par Carine Solivellas

terre-des-oublis.jpgUn triangle amoureux tragique digne des drames cornéliens, une puissante évocation à la fois réaliste et poétique du Vietnam d’après-guerre, avec Terre des oublis, Duong Thu Huong nous entraîne dans un voyage fascinant à travers son pays et les âmes de ses habitants.
Alors qu’elle rentre de forêt, Mien belle jeune femme heureusement mariée à Hoan, un riche propriétaire terrien dont elle a un enfant et à qui elle voue une passion brûlante, aperçoit un attroupement devant la magnifique demeure que le couple s’est fait construire. Au centre du groupe, un homme, tel un fantôme surgi des Enfers : son premier mari Bôn, martyr de guerre, dont elle a été déclarée veuve quelques années plus tôt. Bôn, le héros, le patriote que quatorze années de guerre et d’errance ont détruit physiquement et psychologiquement. Pauvre, affaibli, incapable d’être soutenu par sa seule famille, une sœur sauvage et paresseuse, il vient reprendre ce qui est encore à lui, son seul espoir de survivre : sa femme. Mais plus rien d’officiel ne les attache. L’heure du choix a sonné pour Mién. Lire la suite

Laissez un commentaire jeudi 19 juillet 2007

Kayes Gibbons - Ellen Foster

par Carine Solivellas

kayes-gibbons.jpgCertains livres vous frappent comme des coups de poing et vous laissent, une fois refermés, un sentiment de malaise et de tristesse entêtant. Ellen Foster est un de ceux-là.

Ellen a tout juste onze ans mais se surnomme elle-même “cette vieille Ellen”. Vieille elle l’est. Ce n’est pas le poids des années qui l’accablent mais la somme de choses vues et vécues, trop lourde pour une petite fille. “Quand j’étais petite, j’inventais des façons de tuer mon papa.”  Voilà pour l’incipit. Voilà pour l’ambiance et le ton. Laissée pour-compte entre une mère malade, un père ivrogne et violent, une grand-mère acariâtre, des voisins égoïstes et mesquins, elle se débrouille seule – et plutôt bien - pour survivre. A la mort de sa mère, une seule issue : se trouver une nouvelle famille. Malgré les difficultés et les ballotages, elle saura croiser sur son chemin des gens pour lui venir en aide. Lire la suite

1 commentaire vendredi 13 juillet 2007

Fernando Pessoa - L’Ode maritime (lecture le 7 juillet)

par Agathe Lebelle

ode-maritime-pessoa.jpg« Ce n’est pas dans l’œuvre de Pessoa lui-même qu’on trouve ses impressions maritimes, mais dans celle d’Alvaro de Campos, ingénieur naval formé à Glasgow, de culture britannique. C’est en lui qu’il a investi sa passion des choses de la mer; et il a consacré à ce thème de l’océan le plus long et le plus puissant de tous ses poèmes, l’Ode maritime. Ce texte de plus de mille vers, dont la lecture intégrale dure plus d’une heure, et dont le ton passe insensiblement de l’effusion lyrique au hurlement frénétique, puis, brusquement, un peu avant la fin, du cri au murmure, est aujourd’hui l’œuvre de Pessoa la plus célèbre. Lire la suite

Laissez un commentaire jeudi 05 juillet 2007

Léonara Miano - Contours du jour qui vient

par Agathe Lebelle

Léonora Miano, Contours du jour qui vient Ce livre, qui reçut le Prix Goncourt des Lycéens à l’automne dernier, m’a été conseillé par un ami libraire. En l’achetant, j’ai un peu hésité à l’emmener avec moi en vacances… La quatrième de couverture disait : ” Après la guerre qui a ravagé le Mboasu, cet Etat imaginaire et ô combien réel d’Afrique, le pays est exsangue.” Voici un livre, sans doute excellent me dis-je, sans doute de la trempe d’un Kourouma, mais avais-je vraiment envie de m’y plonger à ce moment précis… J’ai quand même fait confiance à cet ami et aux lycéens. Et j’ai découvert une auteure vraiment remarquable. Contant les aventures d’une petite fille à la recherche de sa mère au coeur d’un pays en plein désastre, elle ne tombe jamais dans le sentimentalisme ni le pathos. Au contraire, elle décrit avec beaucoup de dignité un personnage animé par une pulsion de vie malgré les ténèbres qui l’entourent. Lire la suite

Laissez un commentaire mercredi 27 juin 2007

Jean-Paul Dubois - Vous plaisantez, monsieur Tanner

par Carine Solivellas

vous-plaisantez.jpgSorti l’an dernier avec le succès que l’on sait, vient de paraître en poche ce petit texte truculent grâce auquel je viens de passer un très agréable moment. “Travaux, on sait quand ça commence” pour reprendre le titre d’un film… Quand Paul Tanner hérite de la maison de son oncle et plaque tout afin d’assurer les colossales rénovations, il ne sait pas encore “le porte-avion d’emmerdements” sur lequel il vient de s’embarquer. Se succèdent alors une galerie d’artisans improbables, de duos inédits - dont la ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé n’est pas fortuite – qui vont plonger le narrateur dans une profonde perplexité voire une grave dépression. Lire la suite

Laissez un commentaire mercredi 20 juin 2007

Articles suivants Articles précédents


Categories

Liens

Fils RSS


Maxibourrin