L’Immeuble Yacoubian
dimanche 25 mars 2007
Je crois bien que c’est la première fois que je lis un roman Egyptien, un roman à succès adapté au cinéma ! Ce n’est guère surprenant que ce livre traverse les frontières aussi facilement car s’il a une saveur assez particulière, ni le style et ni sa construction ne sont véritablement déroutants. Et puis les problèmes de sociétés soulevés se retrouvent dans beaucoup d’autres… Difficile de donner un aperçu du livre car il fourmille de petites histoires (qui tournent souvent à la catastrophe !) Chacune dessine le visage de la société égyptienne, sur fond de guerre du Golfe.
Il s’agit d’une chronique de la vie quotidienne au Caire au travers des récits entremêlés de la vie des habitants de l’immeuble Yacoubian, qu’ils vivent agglutinés dans des cabanes sur la terrasse ou bien dans de somptueux appartements de cet immeuble Art déco des années 30. La montée de l’islamisme est particulièrement bien évoquée par le récit des frustrations et humiliations que subit le personnage de Taha. Fils du gardien de l’immeuble, garçon très brillant et trop serviable, il se verra refuser, à cause de son statut social, l’accès à l’école de police et finira par être gagné à la cause du Jihad contre le régime “mécréant”. Edifiant également est le destin de sa petite amie, que Taha quittera car elle n’est pas assez religieuse. On accompagne cette jeune fille, nommée Boussaïna, dans le parcours qui la mène de la naïveté aux compromis qui lui permetent de conserver son emploi et de subvenir aux besoins de sa famille. Mais on rencontre aussi au détour d’un étage de l’immeuble Yacoubian, le bey Zaki, vieil homme qui jadis a eu son heure de gloire, et qui fait mine d’aller travailler tous les jours à son bureau, pour y recevoir ses rendez vous… galants ! Et puis le Haj Assam, qui use de la corruption pour se faire élire à l’Assemblée, et avec qui l’on apprend certains rouages de la politiques, pas bien reluisants…
Alaa El Aswany dresse le portrait d’une société malade aux multiples facettes, avec son lot d’inégalités, d’injustices et d’absurdités. La réussite de ce livre tient surtout à la tendresse avec laquelle sont décrits les personnages auxquels on s’attache immanquablement.
Entry Filed under: Littérature étrangère
Laissez un commentaire
Trackback this post | Subscribe to the comments via RSS Feed