Les charmes discrets de la vie conjugale

lundi 23 avril 2007

charmes-discrets.jpgJ’ai toujours la même impression avec Douglas Kennedy. Je commence un de ses gros romans et tout se passe bien. Un ton enlevé, une histoire qui se met en place, une subtile analyse de l’Amérique à travers les décennies, de bons dialogues vifs et percutants. A priori, c’est tout bon. Et effectivement la lecture n’est pas déplaisante. Mais je me dis, une fois passées les 150 premières pages : bon, et alors ? On avance ! Les détails ne sont pas tous nécessaires…Toutefois, oubliant mes réserves - il faut dire qu’ Une relation dangereuse m’avait passablement ennuyée - j’ai continué Les charmes discrets de la vie conjugale. Ai-je bien fait ?

Hannah a choisi de vivre une vie “rangée” malgré des parents brillants, engagés et libertaires dans l’Amérique des années 70. Mariée jeune à un gentil médecin rencontré à la fac, elle a deux enfants, une grande maison dans le Maine, une belle Jeep… Bref, l’image de la famille américaine tout ce qu’il y a de plus convenable. Seulement voilà, jeune, elle a vécu une courte mais intense passion extra-conjuguale et s’est rendue malgré elle capable d’un grave délit. 30 ans plus tard, dans les années de crise post 11 septembre, le passé ressurgit, la plaçant au coeur d’un scandale national. Tandis que la situation familiale se dégrade - sa fille entame une grave dépression - elle se débat pour que sa vie tranquille ne soit pas bouleversée. Malheureusement, l’opinion publique se déchaîne et le cauchemar ne fait que commencer…
Alors, ai-je bien fait de continuer ? Oui bien sûr, pour certains aspects du roman : tout particulièrement la critique de l’Amérique bien-pensante et faussement prude : la description de la petite ville dans laquelle Hannah débarque au début du roman, sa horde de préjugés, de cancans, de rumeurs est savoureuse. De même que le portrait des adeptes de Bush qui “croient que dur comme fer que l’Amérique est l’élue de Dieu et que les Républicains sont les seuls garants de la morale”. Kennedy ne mâche pas ses mots et certains personnages sont hauts en couleurs. Tantôt attachants ou complexes, ils sonnent souvent justes. Et puis, comme d’habitude, on est assez pris par l’intrigue et je n’ai pas mis longtemps à le finir. C’est d’ailleurs l’atout de ses romans : une lecture plaisir. Mais ce qui m’avait gêné dans Une relation dangereuse m’a gênée de la même façon : la trame un peu facile. Un portrait de femme indépendante, des rebondissements bien dosés et un dénouement qui prouve bien qu’il y a une justice…voilà.

Finalement, je ne suis pas encore complètement convaincue. J’ai pu voir que beaucoup s’étaient délecté de Cul-de-sac, son polar, je retente donc l’expérience de ce côté-là.

Douglas Kennedy, Les charmes discrets de la vie conjugale, traduit de l’américain par Bernard Cohen, Editions Belfond, disponible en Pocket.

Entry Filed under: Littérature étrangère

2 Commentaires Ajoutez le vôtre

  • 1. Allie  |  avril 24th, 2007 at

    Cul-de-sac est bien différent de toute sa production et pour moi c’est son meilleur. Il devrait retenter le polar, ça lui va bien ;)

    Autrement, je n’ai jamais pu terminer “Une relation dangereuse”… alors que “La poursuite du bonheur” m’avait beaucoup emballée!

  • 2. carine-solivellas  |  avril 24th, 2007 at

    oui j’ai cru comprendre que “Cul-de-sac” était très bien, ce qui ne m’étonne pas car je trouve qu’il mène bien ses intrigues. Comme toi, “la pousuite du bonheur” m’avait plu davantage. Merci pour ce conseil en tous cas. A bientôt -)

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