Karen Joy Fowler - Le club Jane Austen

jeudi 31 mai 2007

club-jane-austen1.jpgJ’ai profité de sa parution en poche (Folio) pour lire cet ouvrage dont on m’avait beaucoup parlé lors de sa sortie il y a 2 ans. Effectivement, quand on connaît et apprécie l’œuvre de Jane Austen, romancière anglaise de la fin du XVIIIe, début XIXe, et quand on a, comme moi, rêvé de trouver son Mr. Darcy (!), le postulat ne peut que réjouir. En Californie, 6 passionnés de Jane Austen se retrouvent régulièrement pour aborder ensemble l’œuvre de la romancière, 6 romans donnant lieu à 6 réunions, une chez chacun des membres du club. Mais vite, ce sont les histoires personnelles des uns et des autres qui prennent le dessus… au détriment de l’œuvre de Jane Austen, initialement le thème principal. L’éditeur précise que « la voix de la plus grande romancière anglaise vient éclairer l’éternelle tragi-comédie des sentiments et son tourbillon de rencontres. » Je n’ai pas eu le sentiment d’un lien évident entre l’œuvre lue et les lecteurs de cette œuvre. Ce club est finalement prétexte à conter les moments de vie des personnages, avec leurs lots d’épreuves et de petits bonheurs. Et il faut reconnaître que si l’on oublie le club, ces vies sont somme toute assez touchantes et l’on se prend au jeu des anecdotes et des souvenirs. Tout un chacun cherche son Mr. Darcy, voilà l’enjeu !
Ce que ce livre honore, c’est surtout le bonheur d’être ensemble pour partager toutes ses lectures, ses émotions, ses divergences de points de vues. Finalement ce que nous essayons de faire tous les jours dans nos blogs respectifs ! Cela donne lieu à de belles remarques sur la lecture et j’aime tout particulièrement celle-ci : « C’est intéressant de penser à un personnage avec une vie secrète dont son créateur ignore tout. Qui s’éclipse lorsque l’auteur a le dos tourné, pour trouver l’amour à sa propre façon. Réapparaît juste à temps pour livrer d’un air innocent son petit bout de dialogue. » Quand le livre cesse d’appartenir à son créateur pour vivre sa propre vie entre les mains des lecteurs.

Si le début m’a ennuyée, la suite n’est donc pas déplaisante. Assez délicate même. Mais plutôt pour les filles je crois ! Quant à savoir s’il faut avoir lu l’intégrale de Jane Austen pour comprendre… C’est ce que je me disais dans les premières pages car les résumés proposés en fin d’ouvrage ne sont pas peut-être pas suffisants pour dénouer certaines subtilités. Néanmoins, la suite laissant de moins en moins de place à l’œuvre de Jane Austen, il me semble qu’on peut l’apprécier quand même. Et pourquoi ne pas y voir l’occasion de découvrir l’œuvre indémodable de cette romancière ?

Karen Joy Fowler, Le club Jane Austen, Quai Voltaire et Folio, traduit de l’américain par Sylvie Doizelet.

Entry Filed under: Littérature étrangère

1 commentaire Ajoutez le vôtre

  • 1. Allie  |  mai 31st, 2007 at

    J’ai beaucoup aimé cette lecture. Je sais qu’on parle de moins en moins d’Austen à mesure que le livre avance, mais déjà qu’on en fasse le “sujet” d’un livre, ça m’a plu…
    Ces petites rencontres entre passionnés d’Austen, un régal!

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