Jens Christian Grondahl - Virginia

dimanche 26 août 2007

virginia.jpgLa jeune fille a seize ans et vit avec sa mère, couturière à Copenhague. En cette année de guerre 1943, une des clientes l’invite à passer l’été dans sa demeure au bord de la mer du Nord. Sans doute pour la protéger des bombardements qui menacent la ville, sans doute aussi pour tenir compagnie à son neveu âgé de quatorze ans. Les deux adolescents aiment les balades à vélo et les promenades dans les dunes. Mais tandis qu’elle reste distante, lui éprouve les premiers émois du désir pour cette jeune femme aux seins blancs en plein épanouissement. Les bombardements n’épargnent pourtant pas cette région et un avion anglais s’écrase non loin de la maison. Cette aventure va lier les deux jeunes gens et le pilote britannique d’une manière qu’ils ne soupçonnent pas. Ils ne se reverront qu’une seule fois dans leur vie et n’évoqueront que brièvement cet épisode…


Dans ce récit émouvant et sobre, l’auteur s’attache aux silences, aux non-dits qui nous font parfois passer à côté de l’essentiel. De combien de ces silences, de ces ratages est fait une vie ? Quelles décisions, surtout lorsque que l’on est adolescent, déterminent le cours de notre existence ? Dans une langue très dépouillée qui ne se consacre qu’à l’essentiel, les fils fragiles de trois existences s’entremêlent et l’on perçoit le remords, la nostalgie et la douleur de personnages presque détachés de leur propre vie : “Et il s’est passé bien des choses dans mon existence dont je n’ai pas parlé ici, et qui sont sans rapport avec ce qui s’est déroulé cette été-là pendant la guerre. Mais peut-être ne sont-ce pas les causes que l’on recherche lorsque l’on tente de débrouiller l’écheveau d’une existence, cet embrouillamini de fils que sont les rencontres, les moments partagés et les adieux, les pactes et les séparations, les rêves enfouis, les promesses rompues et oubliées et les occasions inattendues.”
Jens Christian Grondahl, dont le succès en France ne cesse de croître est un auteur d’une grande sensibilité qui explore à chaque ouvrage les méandres du sentiment humain avec beaucoup de finesse.

Jens Christian Grondahl, Virginia, Folio, traduit du danois par Alain Gnaedig.

Entry Filed under: Littérature étrangère

3 Commentaires Ajoutez le vôtre

  • 1. C. Sauvage  |  octobre 20th, 2007 at

    Si “Virginia” est une belle aquarelle, “Bruits de coeur” est une oeuvre majeure. Je ne saurai trop vous le recommander si vous ne l’avez pas encore lu. Un des plus beaux livres sur l’amour, sur l’amour fou aussi. Grondhal est un très grand écrivain.

  • 2. carine-solivellas  |  octobre 22nd, 2007 at

    Oui, j’ai lu “Bruits du coeur” il y a quelque temps et j’ai moi aussi beaucoup aimé, c’est pourquoi je continue à découvrir cet auteur dont j’apprécie la sensibilité et la subtilité.

  • 3. C. Sauvage  |  octobre 23rd, 2007 at

    “Sous un autre jour” contient quelques unes des plus belles pages écrites sur la musique avec “Le temps où nous chantions” de Richard Powers, autre chef d’oeuvre

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