Extrêmement fort et incroyablement près
lundi 04 décembre 2006
Deuxième roman de l’auteur américain Jonathan Safran Foer, qui connut un énorme succès avec Tout est illuminé (paru aux éditions de l’Olivier en 2003), Extrêmement fort et incroyablement près est l’histoire d’Oskar, 9 ans. Inventeur, francophile, pacifiste, épistolier, astronome et collectionneur, c’est un petit garçon brillant et curieux. Un garçon comme les autres lorsque son père meurt dans les attentats du 11 septembre. Entouré d’une mère et d’une grand-mère attentionnées mais totalement inconsolable, Oskar s’invente alors un monde dans lequel « on a si souvent besoin de s’enfuir vite fait, mais les hommes n’ont pas d’ailes, pas encore en tous cas, alors pourquoi pas [inventer] une chemise en graines pour oiseaux ?”
Un an après les attentats, il trouve une clé dissimulée dans une enveloppe avec un seul indice, le mot « Black » inscrit dessus. Persuadé que cette clé lui permettra de comprendre la disparition soudaine de son père, il part à travers New York à la recherche de la serrure et de son propriétaire.
Tel un miroir réfléchissant sa quête, les récits croisés des grands-parents d’Oskar, survivants de la seconde Guerre Mondiale, révèlent peu à peu l’histoire complexe de sa famille.
Inventif, souvent émouvant dans les scènes où le petit garçon exprime sa fragilité, le livre explore les chemins d’une mémoire perdue, une mémoire fondatrice dont on a pourtant le devoir. S’il souffre de quelques longueurs et utilise un procédé stylistique – en particulier dans les récits des grands-parents – qui par son systématisme peut sembler factice, il n’en reste pas moins un livre attachant et sensible sur le lent et difficile travail de deuil, la perte de repères et l’appréhension par un enfant de la violence des hommes.
Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près, Editions de l’Olivier, 2006
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