Littérature étrangère
Ce roman de 1936 aujourd’hui disponible chez Phébus libretto est un roman d’aventures passionnant empreint d’un profond mysticisme et offrant une réflexion magistrale sur le sacrifice et le don de soi.
Au départ pourtant, une histoire qui peut paraître invraisemblable mais que l’auteur assure basée sur une histoire vraie. Une charmante bourgade des îles Anglo-Normandes au milieu du XIXe siècle. Les jeunes sœurs Le Patourel - Marguerite la blonde rieuse et espiègle, et Marianne, la brune réfléchie et grave - vivent les jours tranquilles de la petite bourgeoisie locale entourées et aimées de leurs parents. Quand s’installent près de chez eux un ancien habitant de l’île, le docteur Ozanne et son fils William. Compagnons de jeux et d’aventures, les trois enfants deviennent vite inséparables. Pourtant, si William apprécie les deux sœurs pour leurs qualités respectives, il montre une nette préférence pour la belle Marguerite. Marianne, Marguerite, voilà des noms bien proches pour cet étourdi de William qui les confond souvent… Néanmoins, sa préférence pour Marguerite se mue au fil des années en véritable passion…partagée. Engagé dans la Royal Navy, William parcourt le monde sans avoir pu déclarer sa flamme, jusqu’à ce qu’une expérience malheureuse l’oblige à s’exiler pour de bon. Colon en Nouvelle-Zélande, il décide quelque dix ans après son installation, de demander à Marguerite de le rejoindre et de l’épouser. Mais William, grisé par la boisson et l’émotion se trompe une fois encore dans la lettre qu’il lui écrit et c’est à Marianne qu’il demande de venir …
C’est donc là que tout commence… et que tout finit pour William et Marguerite. Loyal et fidèle, William décide d’assumer son erreur. Il accepte la vie de désamour qui s’offre à lui dans l’unique but de rendre Marianne heureuse, elle-même follement éprise. Une entreprise difficile dans ses nouvelles colonies constamment en guerre contre les Maoris et qui réservent leur lot d’aventures et de malheurs. Quant à Marguerite restée sur l’île de son enfance, comment surmontera-t-elle sa déception et son chagrin ?
Voici un grand roman, dans tous les sens du terme : sa construction d’abord – plusieurs générations se succèdent sur une quarantaine d’années - et son sujet ensuite : le sacrifice de soi au nom du bonheur de l’autre. Et la question de tous les personnages est la même : comment se débarrasser de l’orgueil qui nous étouffe pour se livrer entièrement à l’autre ? Cette histoire de sacrifice est aussi celle d’une quête, celle d’un bonheur qui nous échappe, le bonheur de l’âme, la sérénité de l’esprit. D’une façon ou d’une autre, tous les personnages vont consacrer leur vie à cette recherche et certains se tourneront vers la religion car c’est aussi dans cette voie que se trouve le salut, dans le renoncement aux attaches terrestres, aux biens matériels. Dans le roman, l’amour des hommes et l’amour de Dieu, forme absolu du don de soi se rejoignent souvent. Un sujet ambitieux parfaitement maîtrisé.
Elizabeth Goudge a créé de superbes personnages, profonds et à la psychologie très étudiée. Des personnages savoureux comme celui de Marianne, une Scarlett à la fois odieuse et magnifique dans sa détermination à se faire aimer de son mari, ou hauts en couleurs comme ce vieux loup de mer, le capitaine O’Hara tout droit sorti des livres illustrés de notre enfance. En effet, la dimension mystique ne doit pas faire oublier pour autant le souffle romanesque : c’est un vrai roman d’aventures, de marins entre Chine et Nouvelle-Zélande, de colons fuyant les Maoris dans la jungle, de mensonges et d’intrigues. Sans oublier l’écriture, délicate et élégante, au service des personnages et de leurs sentiments. Un grand roman donc qui excelle dans plusieurs genres différents. Un film a même été tiré du livre par Victor Saville en 1947 avec Lana Turner.
Elizabeth Goudge, Le Pays du Dauphin vert, Phébus libretto, traduit de l’anglais par Maxime Ouvrard.
lundi 06 août 2007
Un triangle amoureux tragique digne des drames cornéliens, une puissante évocation à la fois réaliste et poétique du Vietnam d’après-guerre, avec Terre des oublis, Duong Thu Huong nous entraîne dans un voyage fascinant à travers son pays et les âmes de ses habitants.
Alors qu’elle rentre de forêt, Mien belle jeune femme heureusement mariée à Hoan, un riche propriétaire terrien dont elle a un enfant et à qui elle voue une passion brûlante, aperçoit un attroupement devant la magnifique demeure que le couple s’est fait construire. Au centre du groupe, un homme, tel un fantôme surgi des Enfers : son premier mari Bôn, martyr de guerre, dont elle a été déclarée veuve quelques années plus tôt. Bôn, le héros, le patriote que quatorze années de guerre et d’errance ont détruit physiquement et psychologiquement. Pauvre, affaibli, incapable d’être soutenu par sa seule famille, une sœur sauvage et paresseuse, il vient reprendre ce qui est encore à lui, son seul espoir de survivre : sa femme. Mais plus rien d’officiel ne les attache. L’heure du choix a sonné pour Mién. Vivre son amour ou rendre à Bôn les honneurs que son sacrifice pour la patrie lui octroie ? Dans un pays comme le Vietnam, “la femme qui ne sait pas se sacrifier, la femme sans noblesse et sans vertu ne remplit pas son devoir.” Sous la pression des dirigeants du village, elle se résout à rejoindre son premier mari, son corps meurtri, bon à rien, sa misère. Comprenant que c’est uniquement par loyauté, le malheureux fou d’amour développe alors une obsession : engendrer un fils pour unir à jamais la vie de Mién à la sienne. Quant à Hoan, le délaissé, l’homme bon, il n’a d’autre alternative que de se perdre dans les lumières aveuglantes et les plaisirs faciles qu’offre la ville.“Son retour vers le premier homme n’était qu’un suicide, le sacrifice d’une femme née d’une société soumise à d’incessantes guerres où la vie tremblante des hommes palpitaient comme des ailes d’éphémères, où toute leur énergie s’enracinait dans la fidélité, la résignation tenace de leurs épouses.”
Trois victimes, trois innocents, une seule fautive : la guerre, des années de guerre incessante. L’auteur passe de l’un à l’autre des trois personnages fouillant dans leur histoire et leur passé afin d’éclairer leur funeste destin, et au-delà, celui de tout un peuple. Car le choix de Mien ne se comprend qu’à la lueur des valeurs traditionnelles de responsabilité vietnamiennes.
Néanmoins, la complexité de leurs sentiments dépasse le seul cadre géographique et offre plus largement une réflexion sur l’être humain, sa quête éternelle d’un compagnon de route, son besoin de partage, sa lutte incessante entre ses désirs et ses obligations. C’est un livre envoûtant, véritable fête des sens : des odeurs de la forêt après la pluie à celle des gâteux de soja en train de cuire, de la beauté d’un ciel en feu au contact moite des corps dans la nuit. Ne vous laissez surtout pas rebuter par les 800 pages car toutes sont magnifiques de poésie, d’humanité et d’intelligence. Laissez-vous prendre par ce drame qu’on suit avec la même passion que ses protagonistes. Admirablement traduit, il a récemment reçu le grand prix des lectrices de Elle.
Duong Thu Huong, Terre des oublis, Sabine Wespierser, traduit du vietnamien par Phan Huy Duong
jeudi 19 juillet 2007
Certains livres vous frappent comme des coups de poing et vous laissent, une fois refermés, un sentiment de malaise et de tristesse entêtant. Ellen Foster est un de ceux-là.
Ellen a tout juste onze ans mais se surnomme elle-même “cette vieille Ellen”. Vieille elle l’est. Ce n’est pas le poids des années qui l’accablent mais la somme de choses vues et vécues, trop lourde pour une petite fille. “Quand j’étais petite, j’inventais des façons de tuer mon papa.” Voilà pour l’incipit. Voilà pour l’ambiance et le ton. Laissée pour-compte entre une mère malade, un père ivrogne et violent, une grand-mère acariâtre, des voisins égoïstes et mesquins, elle se débrouille seule – et plutôt bien - pour survivre. A la mort de sa mère, une seule issue : se trouver une nouvelle famille. Malgré les difficultés et les ballotages, elle saura croiser sur son chemin des gens pour lui venir en aide.
Ce qui fait la force de ce roman, c’est moins l’extrême dureté des événements qui touchent Ellen que la façon dont elle les relate. Avec une maturité et un recul effrayants. S’offrir son propre cadeau à Noël ne lui semble pas tout à fait normal mais que voulez-vous… L’écriture et le parti-pris narratif sont d’une grande violence : des paroles crues, cyniques dans une bouche d’enfant dont le style oscille entre écriture et oralité. La narration rend en effet compte de deux visions : Ellen est à la fois enfant au moment des faits et plus âgée lorsque débute le récit.
N’oublions pas non plus la superbe évocation du Sud, des paysages, du style de vie, et surtout de la cohabitation difficile des Blancs et des Noirs à travers l’amitié qu’Ellen voue à une enfant noire, Starletta. Cette amitié qui la contrarie un peu au début - surtout au niveau de l’hygiène, on ne sait jamais – deviendra au fil du roman la plus belle partie de sa vie. Accepter la population noire fait aussi partie du parcours initiatique d’Ellen et c’est la leçon que semble donner l’auteur, originaire de Caroline du Nord.
Kaye Gibbons est un auteur qu’on connaît peu. Il faut y remédier ! Ses œuvres ont récemment été rééditées par Christian Bourgois dans sa collection de poche baptisée “Titres” parmi lesquelles Une femme vertueuse, autre superbe texte.
Kaye Gibons, Ellen Foster, Rivages poche. Traduit de l’anglais par Marie-Claire Pasquier.
vendredi 13 juillet 2007
« Ce n’est pas dans l’œuvre de Pessoa lui-même qu’on trouve ses impressions maritimes, mais dans celle d’Alvaro de Campos, ingénieur naval formé à Glasgow, de culture britannique. C’est en lui qu’il a investi sa passion des choses de la mer; et il a consacré à ce thème de l’océan le plus long et le plus puissant de tous ses poèmes, l’Ode maritime. Ce texte de plus de mille vers, dont la lecture intégrale dure plus d’une heure, et dont le ton passe insensiblement de l’effusion lyrique au hurlement frénétique, puis, brusquement, un peu avant la fin, du cri au murmure, est aujourd’hui l’œuvre de Pessoa la plus célèbre. (…)
L’Ode maritime est une œuvre immense et foisonnante, dont je ne retiendrai qu’un bref fragment, qui illustre le thème central du poème : l’imagination orphique de la mer, et, nommément, de cette mer absolue qu’est l’océan. Je parle d’imagination, parce que ce qui est frappant dans ce poème de la mer, c’est l’absence de toute description précise, de toute notation concrète; tout le texte est un appel à l’imagination ; l’océan n’est pas vraiment vu, mais plutôt évoqué, ou encore mieux invoqué, apostrophé. Et il est invoqué non pas comme une matière, l’élément liquide, dont il n’est guère question, mais comme un espace, comme une ouverture de l’espace, comme une présence qui est peut-être une absence infinie. » Robert Bréchon
L’Ode maritime, Fernando Pessoa, Fata Morgana, traduit par Armand Guibert
En collaboration avec Sophie Thebault (metteur en scène - compagnie les Tournesols) : Philippe Bertrand vous propose, lors d’une mise en voix, de découvrir ce poème et d’entendre ce que Fernando Pessoa continue à dire de nous… parlant de lui…
Samedi 7 Juillet à 17 h 30 - entrée libre
Studio Théâtre de Montreuil - Salle Lyssenko - 52, rue du Sergent Bobillot 93100 Montreuil
Métro : Croix de Chavaux
jeudi 05 juillet 2007
Si comme moi, vous restez dubitatif devant les récentes publications de Douglas Kennedy, précipitez-vous sur son premier roman Cul-de-sac publié dans la Série noire puis en Folio policier … A coup sûr vous ne serez pas déçu par ce récit cauchemardesque d’un voyage en enfer.
Nick mène une vie d’électron libre sur la côte Est des Etats-Unis. Célibataire, sans boulot fixe… et il aime ça. Jusqu’à ce qu’un soir plus arrosé que les autres, il décide d’aller tâter du kangourou en Australie. Au volant de son combi version camouflage années 70, le voilà sur les routes impitoyables qui traversent le bush. Sa rencontre avec Angie la mal nommée est le début d’une descente aux enfers savamment orchestrée, dont vous ne ressortez qu’à la dernière page, le souffle retenu. En effet, Douglas Kennedy maîtrise l’intrigue à la perfection – et cela est d’ailleurs vrai de tous ses romans. Drôle, caustique, ce récit bien construit foisonne de personnages improbables et déjantés… Et la seule évocation du désert australien vous donnera des suées. Bref, à quelques semaines de l’été, et peut-être des vacances pour vous, voilà une très bonne idée à glisser dans la valise.
Douglas Kennedy, Cul-de-sac, Folio policier, traduit de l’anglais par Catherine Cheval
lundi 11 juin 2007
Italie, août 1943. La guerre semble avoir oublié ces familles bourgeoises fuyant les bombardements des villes dans un hôtel aux airs de villégiature. Les adolescents jouent au tennis, vivent les premiers émois des amours d’été, se découvrent, s’effleurent. Le temps, cet été-là, suspend son vol…jusqu’au 8 septembre, date de l’écroulement du régime fasciste et de la chute de Mussolini qui sonne le glas de l’insouciance des adolescents obligés de choisir un camp. Adultes trop vite. “Comme si ce mois d’août avait marqué le partage des eaux entre le calme écoulement de l’enfance et la bousculade impétueuse et désordonnées de sentiments nouveaux lancés ensemble dans un goulet étroit comme celui où se précipitait l’Evançon.“On entend une douce rengaine “Ay, una paloma, blanca como la nieve, blanca como la nieve”, une colombe, blanche comme la neige… à la mode cette année-là. Mais c’est une colombe de paix qui ne peut rien dans un pays en guerre.
La narratrice a 12 ans à l’époque et elle se souvient. De la douce lumière du soleil d’été “qui s’en va, prêt à disparaître derrière la montagne”, du cœur qui bat plus vite à la vue de son premier amoureux Augusto, des “grandes” tellement plus jolies qu’elle, de la peur aussi : “Même la peur éprouvée pendant le premier bombardement de Rome, quand le soir j’avais vu le ciel dramatiquement rougi par les incendies, n’est plus en moi. Le calme de ce ronronnement qui se perd dans l’absolu de la lune accompagne mon sommeil dans le lit près de celui de ma sœur, comme autrefois le petit bonhomme des rêves que j’imaginais venir répandre sa poussière magique sur les paupières des enfants endormis.” Son regard ingénu de fillette pourtant si réceptif et douloureusement conscient des événements, relayé par celui de la femme qu’elle est devenue, donne à ce court récit toute sa force.
Rosetta Loy nous offre un texte d’une grande intensité, un roman initiatique poétique et subtil sur l’horreur de la guerre qui fait grandir les enfants trop vite, quand c’est déjà si compliqué de grandir tranquille… Et si la douce paloma hante les mémoires, c’est bien que l’innocente colombe à jamais souillée ne pourra plus voler. Un très beau texte.
Rosetta Loy, Ay Paloma, Rivages, traduit de l’italien par Françoise Brun.
dimanche 10 juin 2007

Il y a quelques semaines, je découvrais Sándor Márai avec Métamorphoses d’un mariage. Je poursuis mon exploration de l’œuvre avec L’héritage d’Esther paru en 1939, réédité chez Albin Michel en 2001. Dans ce court roman, j’ai retrouvé les grandes qualités de l’écrivain : une parfaite intelligence des situations, une grande maîtrise du récit. Mais ici, l’intrigue resserrée le rend autrement plus palpitant.
Esther la sage, la raisonnable, a aimé Lajos, le menteur, l’escroc il y a plus de vingt ans. Pourtant, celui-ci l’a dépossédée de tous ses biens avant de s’enfuir. Or, le voilà de retour après des années de silence. Que vient-il chercher ? C’est la question que se pose Esther… et le lecteur. Le climat est en effet assez vite installé, l’intensité du moment palpable et le huis clos annoncé oppressant. Tout comme Esther, nous attendons, nous l’attendons lui pour que tout explose enfin : la passion retenue, les mensonges, les non-dits. Leur confrontation se joue comme une pièce de théâtre, un moment tendu à l’extrême. Construite comme telle d’un point de vue formel (une seule journée dans une maison), elle l’est aussi à la façon dont les personnages se comportent : la vie est une scène où l’on n’est jamais vraiment soi-même, où le destin s’accomplit malgré nous. « Il m’a fallut du temps pour comprendre le sens profond de cette visite. La visite avait commencé comme un numéro de cirque ambulant et a fini comme…non, la fin, le départ ne ressemblait à rien. Cela s’est terminé si simplement au fond. Lajos est parti, la journée s’est achevée – et avec elle, une partie de notre existence. Et nous avons continué à vivre. » Rideau. Dernier acte dramatique d’une pièce commencée vingt ans plus tôt, écrit dans une langue sobre juste et d’une grande élégance, L’héritage d’Esther est un petit texte magistral à lire sans s’arrêter.
Sándor Márai, L’héritage d’Esther, traduit du hongrois par Georges Kassai et Zeno Bianu, Livre de poche.
mercredi 06 juin 2007
J’ai profité de sa parution en poche (Folio) pour lire cet ouvrage dont on m’avait beaucoup parlé lors de sa sortie il y a 2 ans. Effectivement, quand on connaît et apprécie l’œuvre de Jane Austen, romancière anglaise de la fin du XVIIIe, début XIXe, et quand on a, comme moi, rêvé de trouver son Mr. Darcy (!), le postulat ne peut que réjouir. En Californie, 6 passionnés de Jane Austen se retrouvent régulièrement pour aborder ensemble l’œuvre de la romancière, 6 romans donnant lieu à 6 réunions, une chez chacun des membres du club. Mais vite, ce sont les histoires personnelles des uns et des autres qui prennent le dessus… au détriment de l’œuvre de Jane Austen, initialement le thème principal. L’éditeur précise que « la voix de la plus grande romancière anglaise vient éclairer l’éternelle tragi-comédie des sentiments et son tourbillon de rencontres. » Je n’ai pas eu le sentiment d’un lien évident entre l’œuvre lue et les lecteurs de cette œuvre. Ce club est finalement prétexte à conter les moments de vie des personnages, avec leurs lots d’épreuves et de petits bonheurs. Et il faut reconnaître que si l’on oublie le club, ces vies sont somme toute assez touchantes et l’on se prend au jeu des anecdotes et des souvenirs. Tout un chacun cherche son Mr. Darcy, voilà l’enjeu !
Ce que ce livre honore, c’est surtout le bonheur d’être ensemble pour partager toutes ses lectures, ses émotions, ses divergences de points de vues. Finalement ce que nous essayons de faire tous les jours dans nos blogs respectifs ! Cela donne lieu à de belles remarques sur la lecture et j’aime tout particulièrement celle-ci : « C’est intéressant de penser à un personnage avec une vie secrète dont son créateur ignore tout. Qui s’éclipse lorsque l’auteur a le dos tourné, pour trouver l’amour à sa propre façon. Réapparaît juste à temps pour livrer d’un air innocent son petit bout de dialogue. » Quand le livre cesse d’appartenir à son créateur pour vivre sa propre vie entre les mains des lecteurs.
Si le début m’a ennuyée, la suite n’est donc pas déplaisante. Assez délicate même. Mais plutôt pour les filles je crois ! Quant à savoir s’il faut avoir lu l’intégrale de Jane Austen pour comprendre… C’est ce que je me disais dans les premières pages car les résumés proposés en fin d’ouvrage ne sont pas peut-être pas suffisants pour dénouer certaines subtilités. Néanmoins, la suite laissant de moins en moins de place à l’œuvre de Jane Austen, il me semble qu’on peut l’apprécier quand même. Et pourquoi ne pas y voir l’occasion de découvrir l’œuvre indémodable de cette romancière ?
Karen Joy Fowler, Le club Jane Austen, Quai Voltaire et Folio, traduit de l’américain par Sylvie Doizelet.
jeudi 31 mai 2007
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