Albert Sanchez Pinol - Pandore au Congo
mardi 22 janvier 2008
Vous vous souvenez peut-être de La peau froide, excellent roman dont je vous recommande une fois de plus la lecture. Le catalan Albert Sanchez Piñol revient avec ce nouvel opus aussi intelligent et bien mené et pourtant un peu moins enthousiasmant.
Nous sommes en Angleterre à la veille de la Grande Guerre. Tommy Thomson ambitionne de devenir écrivain. Ses débuts dans le métier sont quelque peu rocambolesques jusqu’au jour où un grand avocat l’engage pour écrire l’histoire de l’homme qu’il défend. Son but : sauver de la potence son client, Marcus Garvey, accusé du meurtre de ses maîtres, les frères Carver. Pour ce faire, Marcus doit relater à Tommy leur extraordinaire aventure au Congo, dont ses maîtres les frères Carver, ne sont jamais revenus. Voici ce que Marcus raconte : les frères, assoiffés d’or, partent au Congo pour faire fortune, réduisant à l’esclavage des centaines d’Africains. Leur cruauté n’a d’égale que leur avidité. Mais en même temps que l’or, ils vont faire une découverte bien plus stupéfiante : un peuple ” à la peau chaude” sorti des entrailles de la Terre, prêt à décimer l’Humanité. Par envie pour l’une des créatures, les hommes vont alors engager une lutte à mort dont Marcus sortira en véritable héros.
Le livre de Tommy est un succès, et Marcus est libéré. Mais le Congo n’a pas encore fini de révéler ses secrets…
On retrouve ici les ingrédients qui ont fait le succès de La Peau Froide : action bien menée, scènes de combat épique remarquablement dépeintes. Bâti sur le même modèle – une lutte entre humains et non-humains avec au centre une femme, seul lien entre les 2 peuples – Pandore au Congo est un roman bien ficelé, intelligent et même souvent drôle grâce à un galerie de personnages savoureux. Suspense et coups de théâtre garantis.
Et pourtant… Là où l’on pouvait s’attendre à une nouvelle réflexion sociologique – ce que nous entrevoyons au début du roman avec une critique nette du colonialisme – l’auteur nous propose plutôt une réflexion sur le pouvoir de la fiction et des mots. Difficile ici d’en dire plus sans trop en dévoiler. Néanmoins, elle m’apparaît moins fine et aboutie que celle qui filait dans son précédent roman. Une petite déception qu’Albert Sánchez Piñol compensera j’en suis certaine car il ne manque pas de talent. Bien au contraire.
Albert Sanchez Pinol, Pandore au Congo, Actes Sud, traduit du catalan par Marianne Millon
Entry Filed under: Littérature étrangère
1 commentaire Ajoutez le vôtre
1. Monicalisa | février 20th, 2008 at
Bonsoir,
je découvre votre site et cet article qui, par sa tournure joliment formulée, nous donne envie de lire cette histoire de bout en bout. Vous avez réussi à me captiver par votre écrit. Il est intéressant d’avoir des avis sur tel ou tel roman et c’est bien de donner envie aux autres de les parcourir.
Bonne continuation. Bien cordialement
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