Therese Anne Fowler, Z, le roman de Zelda

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Quand commence cette biographie romancée racontée par Zelda elle-même, nous sommes en 1940. Francis Scott Fitzgerald va mourir à Hollywood, loin de son épouse, sa muse. Séparés depuis des mois, ces deux amants-là ont pourtant fait les gros titres, faisant de leur vie publique et privée, un roman à dévorer. Pour nous, Zelda déroule le fil de ses souvenirs, depuis leur rencontre à Montgomery, Alabama, quand jeune première de 17 ans, elle tombe sous le charme d’un écrivain ambitieux qui l’entraîne à New York pour y vivre une fête infinie.

Si tout le monde connaît plus ou moins l’histoire de Scott et Zelda, puisque de nombreux ouvrages leur sont consacrés, ce livre choisit d’inventer leur intimité, pour aller voir derrière les frasques et les coups d’éclats. Mais, si Zelda en est la narratrice  -par conséquent subjective-  il n’y a pas de parti-pris flagrant pour l’un ou l’autre. L’auteur le signale à la fin, il y a bien deux « équipes », une prétendant que Zelda a ruiné la vie et le potentiel artistique de Scott, l’autre certifiant l’inverse. Mais ici c’est Hemingway qui a le mauvais rôle.

Ce livre au contraire, est empreint de respect et même d’affection pour ces deux êtres dont aucun n’est innocent ou coupable. Il montre deux artistes en proie avec la vie, deux névroses incompatibles. Trop semblables pour exister ensemble, jaloux, possessifs, ambitieux, trop artistes pour s’épauler, mais tellement beaux, tellement humains. Scott qui doute, écrit des chefs-d’œuvre, Zelda qui danse, artiste pluridisciplinaire, incomprise, et sans doute oui, étouffée. Mais Zelda est aussi une femme dans les années 20…

Vous  croiserez dans ce roman très documenté et très bien mené, d’autres auteurs célèbres, retrouverez parfaitement dépeint le New York de la fête, le Paris de l’entre deux guerres, les débuts du féminisme, car Zelda en s’émancipant, en réclamant le droit d’être et de créer, en fut une figure de proue.

Et ce qui reste de cette histoire, même si elle fut gâchée par l’alcool et la maladie, c’est l’affection profonde que ces deux étoiles se portaient, elles qui, comme Gatsby, ont payé cher le prix « pour avoir trop longtemps vécus prisonniers d’un seul rêve ».

Thérèse Anne  Fowler, Z, le roman de Zelda, Pocket

Véronique Olmi, Nous étions faits pour être heureux

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Serge a 60 ans, dirige une agence immobilière de luxe, vit dans une maison à Montmartre entouré de sa jeune et jolie femme et de ses deux beaux enfants. Mais Serge étouffe dans cette vie-là, rempart de perfection construit pour éloigner la peur.
Puis il rencontre Suzanne, l’accordeuse du piano de son fils. Il frôle Suzanne, voit Suzanne et sait, ou décide, que Suzanne sera celle qui délivre, celle qui saura entendre, recevoir, porter le secret trop lourd, trouver l’équilibre, la note juste. Dès lors, il y urgence à l’avoir, à l’aimer, à prendre ce qu’elle, Suzanne, lui donne sans compter et sans rien attendre. Et Serge alors, osera enfin dire qui il est…
C’est l’histoire d’une rencontre, de celles qui bouleversent, éclatent les certitudes. Ces éclats que la romancière décrit de manière juste, courts fragments d’une passion grandissante, de l’urgence du désir à la perte de soi.
C’est l’histoire d’une irréparable blessure d’enfant, de celles qui empêchent de vivre, d’être, d’aimer.
Que met-on derrière ce mot, «Amour» ? Cette recherche inconsciente d’un autre qui répare ? Ce besoin de possession, ou au contraire ce don de soi ? Ce roman à l’écriture sensible lui donne forme avec humanité et tendresse en nous offrant un magnifique personnage, Suzanne.

 

Véronique Olmi,Nous étions faits pour être heureux, Albin Michel

Julian Barnes, Une fille, qui danse

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