Douglas Kennedy, Cinq jours

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Bon. Essayons d’oublier la forme car Douglas Kennedy réussit avec ce roman à faire pire encore que le précédent Cet instant-là, qui avait au moins le mérite d’un contexte historique intéressant. Essayons d’oublier les dialogues tirés d’une mauvaise série télé. «Vous êtes merveilleux» , «non c’est toi», «non c’est toi», «d’accord, mais c’est moi qui l’aie dit en premier», les monologues interminables dans lesquels ne passe aucune émotion mais un étalage de références littéraires, l’intrigue prévisible et les scènes convenues.
Essayons. Laura, 41 ans, est technicienne manipulatrice dans un hôpital du Maine, elle est mariée à Dan dont elle a deux grands enfants. Un mariage de bonne entente plus que de passion qui s’étiole doucement depuis que Dan est au chômage et flirte avec la dépression. Lorsqu’elle part en congrès à Boston pour 3 jours, Laura rencontre Richard, lui aussi mal marié. Un homme qui se révèle, bien sûr, de plus en plus séduisant…
Pour la sixième fois, Kennedy fait parler une femme, un parti-pris qui lui réussit plutôt bien – La poursuite du bonheur et Quitter le monde étaient deux très bons romans. Les femmes chez Kennedy sont plus fortes et plus courageuses que les hommes. Elles assument leurs choix, là où les hommes fuient – et les deux falots, le mari et l’amant, sont bien mis à mal dans Cinq jours. Lire la suite

Modiano – Dans le café de la jeunesse perdue

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« Encore aujourd’hui, il m’arrive d’entendre, le soir, une voix qui m’appelle par mon prénom, dans la rue. Une voix rauque. Elle traîne un peu sur les syllabes et je la reconnais tout de suite : la voix de Louki. Je me retourne, mais il n’y a personne. »

Louki l’absente. Qui était-elle ? Que cherchait-elle ? Trois hommes qui l’ont connue éclairent peu à peu des tranches de vie de cette jeune femme mystérieuse qui leur a échappé. Ils la racontent, cherchent son empreinte et des réponses à leurs questions en retournant sur les lieux de son enfance et de sa jeunesse. Louki a toujours cherché à s’effacer, à partir : des fugues quand elle vivait avec sa mère, l’abandon du domicile conjugal et jusqu’à son prénom -Jacqueline- qu’on lui a ôté. « Je crois bien qu’elle se sentait soulagée de porter ce nouveau prénom. Oui. Soulagée. » C’est surtout elle-même que fuit « Louki Le Néant » comme elle s’est rebaptisée. Fuir et trouver un point fixe où se poser, où être soi. « Il faut trouver un point fixe pour que la vie cesse d’être ce flottement perpétuel » disait déjà la Petite Bijou. Mais Louki ne peut pas : ni l’amour, ni le mysticisme, ni la « neige » ne peuvent l’aider.

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Robert Goddard, Le retour

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S’il y a bien quelque chose que Robert Goddard maîtrise parfaitement, c’est l’effet de surprise. Les rebondissements, savamment distillés dans chacun de ses romans, et cette propension à emmener le lecteur dans une direction pour mieux le tromper à la fin… Voilà son talent et ce qui rend ses lecteurs «accro», et toujours plus nombreux.  Mais ne vous fiez pas aux apparences, car les livres de Goddard ne sont pas seulement des enquêtes bien ficelées, ils sont aussi et surtout, des voyages dans le temps et des réflexions sur l’influence que le passé exerce sur nos vies. « Le passé est une pièce qu’on n’a conscience d’avoir quittée que lorsqu’on entend la porte se refermer derrière soi.»

Dans ce quatrième roman traduit en français, le narrateur doit une nouvelle fois affronter son passé. Cornouailles 1981. Chris Napier assiste au mariage de sa nièce dans la somptueuse demeure familiale quand un homme désorienté, vagabond, l’interpelle. Il reconnaît alors son ami d’enfance, Nicky, qu’il n’a pas revu depuis août 1947.

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Therese Anne Fowler, Z, le roman de Zelda

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Cette biographie romancée racontée par Zelda elle-même, commence en 1940. Francis Scott Fitzgerald va mourir à Hollywood, loin de son épouse, sa muse. Séparés depuis des mois, ces deux amants-là ont pourtant fait les gros titres, faisant de leur vie publique et privée, un roman à dévorer. Pour nous, Zelda déroule le fil de ses souvenirs, depuis leur rencontre à Montgomery, Alabama, quand jeune première de 17 ans, elle tombe sous le charme d’un écrivain ambitieux qui l’entraîne à New York pour y vivre une fête infinie.

Si tout le monde connaît un peu l’histoire de Scott et Zelda, puisque de nombreux ouvrages leur sont consacrés, ce livre choisit d’inventer leur intimité, pour aller voir derrière les frasques et les coups d’éclats.

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Véronique Olmi, Nous étions faits pour être heureux

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