Ken Grimwood - Replay

par Carine Solivellas

replay.jpgImaginez : vous mourez… pour vous réveiller 25 plus tôt, jeune et bien portant, au seuil d’une vie pleine de promesses dont l’histoire reste à écrire. Voilà ce qui arrive à Jeff Winston, 43 ans, mort le 18 octobre 1988 d’une crise cardiaque, ressuscité le même jour en 1963 à 18 ans, dans sa chambre d’étudiant. Une nouvelle chance lui est offerte, celle de tout recommencer. Une chance qu’il saisit, entres autres, pour effacer les erreurs de sa précédente vie car ses souvenirs sont parfaitement intacts…
Impossible d’en dire plus sans gâcher l’intrigue. Sachez seulement que le roman pourrait se résumer à une simple variation de la vie d’un homme. Après tout, le sujet a déjà été traité. Or, il est bien plus que cela. Lire la suite

1 commentaire mercredi 03 septembre 2008

Gyles Brandreth - Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles

par Carine Solivellas

oscarwilde-et-le-meurtre-aux-chandelles-2.jpgImaginez Oscar Wilde menant l’enquête… c’est forcément avec panache. Si en plus, l’intrigue est écrite par un fin connaisseur de son œuvre, soutenue par une excellente traduction annotée et documentée, on ne peut que s’en délecter…

1889. Un homme “d’environ trente-cinq ans – grand, arborant un léger embonpoint et une tenue excessivement recherchée” frappe à la porte d’un immeuble londonien, pressé d’arriver à son rendez-vous. Il n’est pas préparé à ce qu’il va voir… Derrière cette porte, un beau garçon est étendu, les bras repliés, la gorge tranchée… Autour de lui, des bougies qui laissent penser à une cérémonie sacrificielle.
Cet homme, c’est Oscar Wilde, le génie de son époque… et le jeune supplicié un de ses bons amis.
Il ne faut pas longtemps à l’écrivain pour convaincre le narrateur de cette histoire, Robert Sherard, de mener leur propre enquête, d’autant qu’ils sont aidés de leur nouvel ami Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes en personne ! A eux trois, ils vont dépasser les plus fins limiers de Scotland Yard.
Amateurs de bonnes intrigues, n’hésitez pas ! Voici un polar original, intelligent, parfaitement mené, ponctué des bons mots d’Oscar Wilde dans un style qui lui rend hommage avec beaucoup de délicatesse. “L’ennui, voilà l’ennemi. L’aventure est la seule réponse”. Elémentaire, mon cher Oscar !

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, 10/18, collection “grands détectives”, traduit de l’américain par Jean-baptiste Dupin

2 commentaires jeudi 22 mai 2008

Jacques Tournier - Zelda

par Carine Solivellas

zelda.jpgZelda et Scott Fitzgerald n’en finissent pas d’inspirer les écrivains. Après Gilles Leroy avec Alabama Song -prix goncourt 2007-, c’est au tour de Jacques Tournier, éminent traducteur des œuvres de Fitzgerald de proposer une variation sur la vie de celle qui fut “la Belle de Montgomery”.

Jacques Tournier a choisi de privilégier leur relation amoureuse et une fois encore, Zelda est l’héroïne de cette tumultueuse passion. Notre regard se porte d’abord sur cette femme abîmée, seule, dans la clinique où elle est internée.
Et pourtant… on sent combien, malgré les ruptures, les éclats, le scandale, les déceptions et les trahisons, l’alcool et la folie, ces deux êtres n’ont jamais vraiment cessé de s’aimer. Grâce au témoignage de Scottie, la fille de Scott et Zelda, on saisit toute la complexité de leur relation. Qui a entraîné l’autre dans la spirale de la déchéance ? Nous ne le saurons jamais. Concurrence, jalousie, soumission de Zelda à son mari, oui, tout cela a existé. Mais combien leurs mots sont doux quand vient le temps de l’absence.
Scottie : “Ma seule certitude et elle est vitale pour moi, c’est qu’ils se sont aimés jusqu’à la fin. D’un amour impossible peut-être, plus rêvé que réel dans les derniers temps, déchirés qu’ils étaient entre le désir de revivre ensemble et le regret du passé. Mais cet amour les unit à jamais l’un à l’autre”
Ce n’est pas une fiction, à l’instar d’Alabama Song, mais une biographie qui s’appuie sur des lettres, des rencontres et des études de textes. Ecrit dans une langue parfaite, c’est un texte dense et très émouvant.
Nul doute que Zelda et Scott continueront de hanter l’imaginaire des écrivains. Artistes complexes, amants passionnés, élevés au rang de couple mythique, ils ont brûlé leurs ailes à tout attendre de la vie… et en ont fait un roman à l’issue tragique.

Jacques Tournier, Zelda, Grasset.

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Yoko Ogawa - La marche de Mina

par Carine Solivellas

marche-de-mina.jpgTomoko a 12 ans lorsqu’elle part vivre pour un an chez sa tante et son oncle. Son père vient de mourir et sa mère décide de reprendre ses études pour améliorer sa situation professionnelle. Aussi confie-t-elle Tomoko aux bons soins de sa sœur et de son mari allemand, directeur d’une usine de boissons. Lorsque Tomoko arrive dans leur maison de style hispanique, c’est un nouveau monde qui s’ouvre à elle : coutumes, habitudes alimentaires, tout y est différent et fascinant. Un hippopotame nain vit dans le jardin, La grand-mère Rosa parle un japonais bien particulier et son oncle roule en voiture de luxe… Mais c’est surtout auprès de sa cousine Mina d’une année sa cadette, petite fille à la santé fragile, passionnée de littérature et d’une extraordinaire sensibilité, qu’elle découvre les pouvoirs de la fantaisie et de l’imagination. Tomoko, perdue depuis la mort de son père, trouve sa place dans cette maison et vit auprès de cette famille une année qu’elle n’oubliera jamais. Lire la suite

1 commentaire mercredi 09 avril 2008

Rencontre avec Michèle LESBRE à la librairie Folies d’encre

par Carine Solivellas

canape-rouge.jpgLa librairie FOLIES D’ENCRE et l’association ENLIVREZ-VOUS ont le plaisir de vous inviter à une rencontre avec Michèle LESBRE le 11 mars 2008 à partir de 18 heures à l’occasion de la parution de son roman Le canapé rouge aux éditions Sabine Wespieser.

L’avis de la libraire : “Entre transsibérien et Paris, entre passé et présent, la rencontre de deux femmes, leur complicité…
Roman à l’écriture sensible et en touches délicates pour nous dire la vie, ses blessures et ce formidable ressort qu’est le désir !”

Michèle Lesbre est auteur notamment de La petite trotteuse, Boléro chez le même éditeur et de Une simple chute (Babel noir).
Librairie FOLIES D’ENCRE, 53, avenue Gabriel Péri 93400 Saint-Ouen (Métro Garibaldi)

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Massimo Carlotto - L’immense obscurité de la mort

par Carine Solivellas

immense-obscurite.jpgPeut-on pardonner à celui qui a volé notre vie ? Silvano Contin a perdu sa femme et son fils lors d’un braquage. Deux innocents abattus de sang-froid par Raffaello et son complice. Raffaello est condamné à perpétuité mais son complice disparaît… sans punition. 15 ans plus tard, atteint d’un cancer incurable, Raffaelo demande une grâce pour finir ses jours en homme libre. La législation italienne prévoit de demander leur avis aux victimes. Pour Silvano Contin, l’heure est au choix : pardonner ou laisser Raffaelo mourir en prison. Obsédé par les dernières paroles de sa femme qui l’entraînent dans l’immense obscurité de la mort, il décide d’en profiter pour retrouver la trace de son complice et se venger enfin.

L’auteur construit un récit à 2 voix en alternant les points de vue des personnages, ce qui rend parfaitement compte des sentiments mêlés et inextricables de chacun : vengeance, remords, peur, haine. Malgré une intrigue policière, c’est plus un roman noir qu’un polar qui interroge le bourreau et la victime. La rédemption de l’un croise la haine dévastatrice de l’autre. Les parcours croisés des personnages montrent la complexité d’une situation où la justice ne saurait être équitable : même un meurtrier a le droit de mourir dignement. Mais à quel prix pour les victimes ? Jusqu’où peut aller leur colère ? Est-elle condamnable ? L’auteur analyse parfaitement toutes ces questions. Le style est froid et dense, parfait. Un roman percutant.

Massimo Carlotto, L’immense obscurité de la mort, Métailié, collection “Suites”

1 commentaire mercredi 27 février 2008

Hélène Berr - Journal

par Carine Solivellas

journal-heleene-berr.jpg“Au seuil de ce livre, il faut se taire maintenant, écouter la voix d’Hélène Berr et marcher à ses côtés “ écrit Modiano dans la préface de ce journal écrit entre 1942 et 1944 par une jeune parisienne de 21 ans, juive. Il faut écouter la voix d’une femme intelligente, sensible, dévouée et courageuse dans un monde qu’elle sent lui échapper à mesure que ceux qu’elle aime sont déportés. C’est d’abord, dans la première partie, le journal d’une femme qui témoigne et consigne scrupuleusement les événements du jour “pour ne pas les oublier, parce qu’il ne faut pas les oublier.” Une succession de noms, de moments volés heureux. La guerre semble encore loin quand résonnent chez elle la musique et la poésie qu’elle affectionne. Hélène prépare alors l’agrégation d’anglais à la Sorbonne. C’est surtout le journal d’une jeune fille de 21 ans, éblouie par la beauté de Paris sous le soleil d’été qui sent vibrer en elle les premiers émois amoureux.

Et puis la rupture : le port obligatoire de l’étoile jaune qui la stigmatise et l’arrestation de son père pour un motif fallacieux. Hélène se sent déchirée. “Ce sont les deux aspects de la vie actuelle : la fraîcheur, la beauté, la jeunesse de la vie, incarnée par cette matinée limpide ; la barbarie et le mal, représentés par cette étoile jaune.” Le départ de Jean, son fiancé pour l’Espagne la laisse seule en proie à ses doutes, à ses angoisses. Lire la suite

2 commentaires mercredi 13 février 2008

Vikas Swarup-Les fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire

par Carine Solivellas

fabuleuse-aventures.jpg…ou “Qui veut gagner des millions ?” version indienne. Ram Mohammad Thomas a 18 ans lorsqu’il remporte le plus gros gain de tous les temps à un jeu télévisé : un milliard de roupies. Incapable de payer une telle somme (!), la production profite de la modeste condition de Ram pour l’accuser de tricherie et le faire arrêter. Défendu par une avocate, Ram déroule pour elle le fil de sa vie considérant la chance qui l’a mené à connaître toutes les bonnes réponses aux questions.

Voici un roman inégal, parfois aussi touffu que son titre, qu’on suit pourtant sans réel déplaisir. C’est qu’il y a toute l’Inde dans ce roman : des actrices de Bollywood aux enfants mendiants des bidonvilles. L’auteur prend la défense de ceux qui n’ont rien avec tendresse et imagine une fable moderne dans laquelle les rêves se réalisent… Pas phénoménal d’un point de vue littéraire mais touchant.

Vikas Swarup, Les fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire, 10/18, traduit de l’anglais par Roxane Azimi

3 commentaires mardi 22 janvier 2008

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